Le magazine féminin Marie-Claire du mois de décembre publie un article suprenant sur l’énergie solaire en Inde, dans la province du Rajasthan. Je vous en fait ici un bref résumé.
Dans cette province qui connaît la sécheresse depuis 1999, l’ONG "Barefoot College" ("Université aux pieds nus") forme les femmes démunies à l’énergie solaire. Il s’agit pour elles d’un bon moyen de s’émanciper. Cette ONG propose des cours du soir qui forment les femmes à installer et entretenir des capteurs solaires, fabriquer des lanternes et des fours solaires. Au total, ces cours sont proposés dans 150 villages de la région d’Ajmer.
Une fois les principes de bases assimilés, les jeunes filles les plus motivées suivent un cours d’ingénierie pendant 6 mois. L’utilisation de l’énergie solaire permet à la région de devenir moins dépendante de Delhi pour les ingénieurs, et aux habitants de remettre le courant à leur guise (pas besoin d’être relié à une centrale). Une lanterne solaire coûte 1800 roupies et sa durée de vie excède celle de son utilisateur!
Malheureusement, les hommes ne perçoivent pas toujours d’un bon oeil l’engagement des femmes pour l’énergie solaire, et certains empêchent leurs femmes de suivre les cours proposés par "Barefoot College".
Les femmes chasseuses de soleil se heurtent aussi à la méfiance des scientifiques, puisqu’elles n’ont pas de diplôme académique. Kamla raconte sa participation au premier Congrès nationale pour l’énergie solaire à Delhi: "Les scientifiques m’écoutaient avec méfiance, (..). Alors ils m’ont testée: C’est quoi un communtateur? Et un transformateur? Les questions ont fusé, mais j’ai su répondre. A la fin, l’auditoire m’a applaudie."
C’est donc un signe qu’une révolution écologique et sociale est en marche.
(Crédits photos: Eventyrreiser