déc
26

Energie solaire: les chasseuses de soleil du Rajasthan

Le magazine féminin Marie-Claire du mois de décembre publie un article suprenant sur l’énergie solaire en Inde, dans la province du Rajasthan. Je vous en fait ici un bref résumé.

solarrajasthan.jpgDans cette province qui connaît la sécheresse depuis 1999, l’ONG "Barefoot College" ("Université aux pieds nus") forme les femmes démunies à l’énergie solaire. Il s’agit pour elles d’un bon moyen de s’émanciper. Cette ONG propose des cours du soir qui forment les femmes à installer et entretenir des capteurs solaires, fabriquer des lanternes et des fours solaires. Au total, ces cours sont proposés dans 150 villages de la région d’Ajmer.

Rajasthan.jpgUne fois les principes de bases assimilés, les jeunes filles les plus motivées suivent un cours d’ingénierie pendant 6 mois. L’utilisation de l’énergie solaire permet à la région de devenir moins dépendante de Delhi pour les ingénieurs, et aux habitants de remettre le courant à leur guise (pas besoin d’être relié à une centrale). Une lanterne solaire coûte 1800 roupies et sa durée de vie excède celle de son utilisateur!

Malheureusement, les hommes ne perçoivent pas toujours d’un bon oeil l’engagement des femmes pour l’énergie solaire, et certains empêchent leurs femmes de suivre les cours proposés par "Barefoot College".

Les femmes chasseuses de soleil se heurtent aussi à la méfiance des scientifiques, puisqu’elles n’ont pas de diplôme académique. Kamla raconte sa participation au premier Congrès nationale pour l’énergie solaire à Delhi: "Les scientifiques m’écoutaient avec méfiance, (..). Alors ils m’ont testée: C’est quoi un communtateur? Et un transformateur? Les questions ont fusé, mais j’ai su répondre. A la fin, l’auditoire m’a applaudie."

C’est donc un signe qu’une révolution écologique et sociale est en marche.

(Crédits photos: Eventyrreiser

déc
25

Energie photovoltaïque: le cas particulier de la Norvège

Si la Norvège est mieux connue pour son pétrole que pour son utilisation de l’énergie photovoltaïque, ce domaine est en train de prendre de plus en plus d’importance, commen en témoigne notamment le succès de REC (Renewable Energy Corporation).

Avant de décrire la situation actuelle, je voudrais faire un petit historique de la place de l’énergie photovoltaïque en Norvège.

Vous pensez que la Norvège est trop au Nord pour pouvoir profter de l’énergie solaire? Certes, le rayonnement solaire équivaut seulement à 30 à 50% du rayonnement reçu par les pays situés au niveau de l’équateur. Il est réparti de façon très inégale sur le territoire, et son potentiel varie entre 700kWh/m2 au nord et 1100 kWH/m2 au sud. Mais, si on arrivait à exploiter l’ensemble du rayonnement solaire du pays, on pourrait produire l’équivalent de 1500 fois la consommation d’électricité annuelle…

hyttesolcelle.jpgEn 1998, avec plus de 100 000 installations photovoltaïques, la Norvège avait le nombre d’installation par habitant le plus élevé… au monde!

En effet, depuis les années 1970, les panneaux photovoltaïques ont été fréquemment utilisés pour produire de l’électricité dans les coins reculés non raccordés au réseau électrique: chalets en montagne et près de la mer, phares et installations techniques. Plus de 2000 phares de la côte norvégienne s’alimentent en énergie solaire!

fyrsolcelle.jpgAinsi, on n’a pas choisi cette énergie parce qu’elle était meilleure pour l’environnement, mais tout simplement parce qu’on pouvait difficilement faire autrement!

 (Crédits photo: NaturFritid, Kystverket)

déc
18

L’Ontario, terre d’avenir pour le chauffage solaire

Le chauffage solaire au Canada, une utopie? Bien au contraire…

 

L’Ontario, province du Canada, se veut actuellement une région fort dynamique : vous n’êtes sans doute pas passés à côté des nombreuses campagnes de publicité visant à promouvoir son attractivité auprès des investisseurs. Et, phénomène fort intéressant pour un pays au climat rigoureux et peu réputé pour son ensoleillement, ce dynamisme bénéficie fortement à la production d’énergie solaire, en particulier pour le chauffage.

 

Ce développement du chauffage solaire est d’abord la résultante d’une stratégie gouvernementale. Au-delà des effets d’annonce de projets tels que celui qui prévoit de doter 20 immeubles municipaux de capteurs solaires themiques, le gouvernement fédéral du Canada comme celui de l’Ontario ont mis en place des programmes d’incitation visant en particulier la demande en provenace des secteurs commercial, industriel et institutionnel, tous gros consommateurs d’énergie. Ainsi, la combinaison du programme fédéral écoENERGIE et de l’Initiative ontarienne pour le chauffage solaire permettent à ce type de clients de réduire les coûrs d’installation des équipements solaires thermiques de 50%, jusqu’à un plafond de 160000 dollars.

SolarWall.jpg

Panneau solaire SolarWall

 

Les résultats sont probants : la société Conserval Engineering Inc. a ainsi décidé de rapatrier en Ontario la production de ses panneaux solaires SolarWall, conçus selon une technologie elle-même développée en partenariat avec un centre dépendant du gouvernement. Celui-ci s’y retrouve : la production en Ontario des panneaux SolarWall, effectuée en partenariat avec une entreprise canadienne spécialiste du laminage de métaux, contribue à la chauffage solaire était aussi favorable à l’emploi et à la croissance? Reste toutefois à savoir dans quelle mesure une telle production est dépendante de la bonne volonté des pouvoirs publics et de leur intervention pour être viable et réussir, afin de déterminer les chances de voir une opération semblable reproduite ailleurs.

 

Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’on tient là un bon exemple d’intervention des pouvoirs publics promouvant, du même coup, la croissance et la lutte contre l’effet de serre.

déc
17

Energie photovoltaïque: des panneaux solaires en orbite autour de la Terre?!

C’est à ma grande surprise que j’ai lu un article sur le site Internet de la BBC sur des scientifiques qui ont imaginé une nouvelle application de l’énergie photovoltaïque: ils envisagent de placer des panneaux solaires en orbite autout de notre planète.

solaireOrbite.jpgCes panneaux photovoltaïques géants généreraient de l’électricité, qui serait ensuite transmise vers une centrale située sur la Terre. Le potentiel de production est important, mais requiert évidemment un investissement éléphantesque.

Quels seraient les avantages d’une telle installation? Les scientifiques japonais, européens et américains à l’originie du projet soulignent que l’électricité ainsi produite serait bon marché et sa source inépuisable. De plus, aucun nuage ne viendrait limiter le rayonnement solaire.

Les défis qui restent à résoudre sont la construction de cet engin, ainsi que la manière de transférer l’électricité à la Terre. Une étude récente du Pentagone affirme que la construction de tels panneaux devrait être rendue possible grâce à l‘utilisation de robots.

Robert Laine, d’EADS Astrium, déclare de son côté: "Il est démontré que tout ceci est techniquement réalisable. Encore une fois, c’est une question de moyens."

La réalisation de ce projet dépend don probablement d’une mise en commun de plusieurs pays, incluant à la fois les acteurs publics et privés.

A suivre!

(Crédits photos: GeologyNews)

Pour en savoir plus: Article de la BBC

déc
14

Chauffe eau solaires : la Chine numéro un!

 

L’utilisation des chauffe eau solaires, une lubie d’écolos de pays industrialisés? Pas seulement!

J’en veux pour preuve le fait que la Chine, sans cesse accusée de détraquer le climat planétaire à grand renfort d’émissions de CO2 à l’aide d’un nombre sans cesse grandissant de centrales à charbon (il s’en ouvre une tous les deux jours), n’est autre que le premier producteur d’énergie d’origine solaire au monde. Un constat que l’on a beaucoup trop souvent tendance à oublier…

chine_drapeau.jpg

En particulier, c’est sur les chauffe-eau solaires que la Chine concentre ses efforts : elle en est en effet à la fois le premier producteur et le premier utilisateur dans le monde. Pas moins de 100 millions de m2 de capteurs solaires thermiques utilisés pour le chauffage de l’eau sanitaire sont déjà en fonction dans le pays, et les autorités chinoises comptent bien renforcer encore leur utilisation, s’étant fixées pour objectif de porter ce chiffre à 150 millions de m2. Un objectif peut-être pas si difficile à atteindre avec une production annuelle de capteurs de 15 millions de m2, selon des chiffres officiels.

déc
14

Energie solaire: le choix des habitants de Bras-Panon (île de la Réunion)

BrasPanon.JPGAprès les communes réunionaises du Port et de Sainte-Suzanne, celle de Bras-Panon a également décidé de privilégier l’énergie solaire et les énergies renouvelables en général. Cette commune de l’Ile de la Réunion souhaite, comme San Francisco, devenir une ville solaire.

Fait original, il s’agit de l‘aboutissement des souhaits exprimés par la population dans une étude sociologique en 2001.

Une école de cette commune est déjà équipée en panneaux photovoltaïques, et la Mairie envisagerait d’équiper également les bâtiments municipaux. L’engagement des communes et de ses habitants est essentiel pour la mise en place de politiques énergétiques à l’échelle locale, et semble jouer un rôle important pour donner l’impulsion à ce genre de démarches.

ARER.pngComme les deux autres communes réunionnaises déjà concernés, Bras-Panon a signé une convention avec l’ARER (Agence Régionale de l’Energie Réunion). Une permanence de cette agence s’installera à la mairie. Cette agence, association de loi 1901, s’est fixée comme objectifs principaux la réduction la consommation d’énergie, l’utilisation des ressources renouvelables et la préservation des ressources énergétiques.

La décision de la ville de Bras-Panon s’inscrit dans l’objectif ambitieux proposé par le Conseil Régional: de l’île: « l’autonomie en énergie propre et renouvelable pour l’île de la Réunion ». Ce Conseil Régional, précurseur, a constamment, depuis 1999 expliqué et favorisé le développement durable. Il semble que cela ait conduit à une large prise de conscience, touchant la majorité des habitants de l’île.

(Crédits photos: ARER)

déc
14

Un chauffe-eau solaire collectif dans un établissement pénitentiaire de Dordogne

Le marché des chauffe-eau solaires collectifs me paraissait certes porteur, mais je n’avais pas imaginé qu’à l’heure du Grenelle de l’environnement, c’est ce bon vieil Etat qui choisirait de donner l’exemple. C’était pourtant logique… et c’est maintenant chose faite. Cependant, chose plutôt surprenante en tremes d’image, il ne s’agit pas d’alimenter en eau chaude un hôpital ou une caserne… mais bel et bien un établissement pénitentiaire!

C’est celui de Neuvic, en Dordogne, qui se voit donc équipé depuis le mois de novembre de rien moins que 140 capteurs solaires couvrant, au total, une surface de 325 m2, fruit d’un partenariat entre l’administration pénitentiaire française, GEPSA et Elyo Suez. Ces capteurs sont destinés à assurer le chauffage de l’eau chaude sanitaire utilisée dans la prison, faisant d’elle une pionnière de l’utilisation des énergies renouvelables dans le domaine pénitentiaire. Avec une telle installation, l’Etat fait un premier pas vers la réalisation des objectifs de réduction des émissions de CO2 qu’il s’est fixés lors du fameux Grenelle de l’environnement, qui s’est achevé fin octobre. C’est ce que confirme le directeur de l’administration pénitentiaire, Claude d’Harcour, selon lequel l’éco-responsabilité serait "l’un des soucis majeurs de la pénitentiaire en France". M. d’Harcour n’exclut pas, en outre, que "chaque nouvelle prison construite en France soit désormais équipée en solaire"!

Le développement du chauffage solaire en France prend donc un tournant, quoique logique, tout du moins inattendu!

 

déc
13

Photovoltaïque: comment transformer San Francisco en Ville Solaire?

sanfrancisco.jpgS’inscrivant dans sa politique de lutte contre le réchauffement climatique, la ville de San Francisco affiche des objectifs ambitieux pour le photovoltaïque. Elle voudrait en effet devenir la "Solar City", et s’imposer comme un exemple en matière d’environnement à l’échelle nationale et internationale.

J’écris bien "affiche" et "voudrait", car pour l’instant, peu à été fait pour les énergies renouvelables dans cette ville californienne.

En effet, pour une consommation totale d’électricité de 950 mégawatts, seulements 5 mégawatts proviennent d’installations photovoltaïques. En 2001, la Ville s’est fixé un objectif de 10 000 toits équipés d’énergie solaire en 2010; seulement 600 ont été atteints à ce jour…

Le collectif "San Francisco Solar Task Force", qui réunit associations, syndicats, collectivités locales et entreprises d’énergie solaire, fait de son mieux pour impulser une accélération de la production d’énergie solaire dans la ville. Le collectif travaille notamment avec les autorités de régulation des constructions, afin d’alléger les procédures administratives liées au solaire. Elle a aussi contribué à la mise en place d’un portail Internet qui permet aux habitants de San Francisco d’évaluer le potentiel énergétique de leur maison.

Malgré ces efforts, le coût élevé des installations solaires constitue un obstacle majeur. Réponse du collectif: une proposition de programme incitatif financier, qui serait le programme le plus ambitieux aux Etats-Unis. Il a déjà été testé au niveau de la Californie, où on compte désormais 32 000 installations solaires.

Il ne reste plus qu’à attendre la décision des autorités politiques locales…

Pour en savoir plus; article sur SFGATE

(Crédits photos: Reisefotos)

déc
12

Chauffage solaire : le lancement des fenêtres solaires

Vous croyez encore que l’utilisation d’un système de chauffage solaire nécessite l’installation de capteurs peu esthétiques? Alors il est temps de vous réveiller, car la technologie a pris une longueur d’avance sur vous! Après les capteurs "invisibles" que j’avais évoqués il ya quelque temps dans ces pages, après les tuiles solaires, après les murs chauffants des maisons à énergie positive, voici à présent les… fenêtres solaires! L’idée peut sembler saugrenue, mais la société Bieber, spécialiste des portes et fenêtres en bois, a pourtant développé le concept avec succès.

fenetre solaire.jpg

Le vitrage solaire intégré aux menuiseries proposées par Bieber consiste en un double vitrage comportant deux éléments :

 - D’une part, des bandes de capteurs solaires,

 - De l’autre, des réflecteurs argentiques destinés à éviter que la température ne monte trop à l’intérieur de la pièce équipée.

Les capteurs solaires du vitrage sontr reliés à un serpentin en cuivre. A l’intérieur de celui-ci circule de l’eau. Celle-ci peut être celle d’un système de chauffage central comme celle d’un chauffe-eau – le vitrage solaire est polyvalent!

Par ailleurs, les fenêtres solaires Bieber sont extrêmement isolantes : elles répondraient aux mêmes standards qu’un mur de maison à basse énergie, dont elle possède presque l’épaisseur : pas moins de 40mm!  Cette caractéristique permet d’économiser encore davantage d’énergie : les fenêtres sont en effet bien souvent les (gros) trous des véritables "passoires énergétiques" que constitue l’écrasante majorité de nos logements. L’économie d’énergie réalisée grâce à l’utilisation d’un tel vitrage est donc double… et évite le désagrément que pourrait causer à certains la vue d’un toit couvert de capteurs solaires, argument pas aussi minime que ce que l’on pourrait imaginer, si j’en crois un certain nombre de commentaires sur la question du chauffage solaire.

déc
12

Energie photovoltaïque: nouveau contrat de 500 millions d’euros pour REC

wafer.jpegEnergie photovoltaïque: l’entreprise norvégienne Renewable Energy Corporation (REC) vient d’annoncer qu’elle a remporté un contrat de 500 millions d’euros (4 milliards de couronnes norvégiennes) pour la fournitures de lingots de silicum multicristallins ("wafers", voire photo ci-contre) au néerlandais Solland Solar Energy. Les marchés financiers ont bien accueilli cette nouvelle, puisque le cours de Bourse de REC a augmenté de 1,49%.

 

REClogo.pngREC était déjà lié par un contrat d’approvisionnement avec Solland (depuis 2005); le nouveau contrat remplace celui-ci et étend leur collaboration. L’accord est valable jusqu’en 2015. L’obtention de contrats sur le long terme pour une partie de leur production de "wafers" s’inscrit dans la stratégie de REC.

SullandLogo.pngDe son côté, la société Solland Solar Energy fabrique uniquement des cellules photovoltaïques et recherche donc activement des contrats d’approvisionnement avec les fabriquants de "wafers" et de modules solaires. Le contrat avec REC définit les prix et volumes de l’échange, les paiements seront effectués au fur et à mesure des livraisons. Les prix sont comparables à ceux des contrats antérieurs signés entre les deux sociétés.

L’ambition de Solland est de devenir un leader à l’échelle mondiale sur le segment des cellules solaires, et mise sur une croisssance élevée dans les prochaines années. Il s’agit en réalité d’une entreprise germano-néerlandaise avec des filiales en Allemagne et aux Pays-Bas. Son unité de production de cellules solaires est située dans la zone Avantis, une zone industrielle créée par l’UE, entre Heerlen (Pays-Bas) et Aachen (Allemagne). C’est donc une vraie entreprise européenne.

(Crédits photos: Solland, REC, Schott)