nov
14

Les panneaux solaires, on en parle ; mais au fait, sait-on comment ça fonctionne ?

            Le principe des panneaux solaires ou modules photovoltaïques est de transformer la lumière en électricité directement utilisable par un particulier ou une entreprise.

        Schématiquement, le mécanisme est le suivant : lorsque les photons ou particules de lumière entrent en contact avec les électrons du silicium, un élément semi-conducteur traité spécifiquement pour canaliser l’énergie, ils génèrent une tension électrique. Cette tension est mesurée en volts, d’où le terme « photovoltaïque ». 

      cristaux silicium.gifChaque panneau solaire est composé d’un assemblage de plaques ou « capteurs », de cet élément mentionné plus haut, le silicium. Cet élément chimique existe sous forme cristalline et sous forme amorphe, ce qui détermine les deux filières de production des modules photovoltaïques. Le silicium est un composant rare et donc cher, ce qui ne manque pas de se répercuter sur le prix final de l’équipement.

 

Le processus de fabrication des cellules au silicium cristallin ou cellules PV :

      Tout d’abord, il faut obtenir la matière première: le silicium existe sous forme mono ou poly cristalline. On fabrique le silicium monocristallin à partir de colonnes pures de silicium, tandis que le silicium polycristallin est crée à partir de la fonte de copeaux de silicium monocristallin. Ces copeaux s’obtiennent par équarrissage ou opération de taille des lingots cylindriques monocristallins. Au final, cette matière première doit avoir la forme de briques de 101,5 x 101,5 mm ou 120 x 120 mm.

mono-poly.jpg Lingots de silicium monocristallin posés sur des lingots de silicium polycristallin

      Le rendement du silicium polycristallin est un peu inférieur car il est moins pur, mais en contrepartie il coûte moins cher.

 

            Ensuite, les lingots sont découpés en tranches appelées ‘wafers’. Jusqu’à présent, le silicium n’est toujours pas apte à emmagasiner et canaliser l’énergie solaire. C’est grâce à la phase du dopage que le silicium acquiert les caractéristiques d’une photopile. Un élément tel que le bore est employé pour rendre la tranche positive en volume tandis que du phosphore est utilisé pour rendre les surfaces, ou parties exposées à la lumière, négatives : la tranche fonctionne comme une diode et oriente la circulation des électrons. Afin de limiter la réflexion de la lumière, on finalise l’opération en apposant un antireflet, en oxyde de titane par exemple, sur la face avant des cellules PV. 

      L’étape suivante consiste à assembler les tranches grâce à une structure métallique pour former les cellules PV, qui elles même sont connectées les unes aux autres pour former des chaînes. Les caractéristiques du module dépendent du nombre de cellules connectées en parallèle et en série

cellule.jpgenchainement.jpg

      C’est presque fini ! Les chaînes sont encapsulées sous du plastique hautement résistant pour les isoler et les protéger des agressions extérieures, puis recouverte d’une couche de verre. Pour finaliser le travail, on les encadre pour leur conférer une rigidité mécanique et les modules subissent plusieurs tests avant d’être mis sur le marché.   

résultat.jpgModèles de modules encadrés

Crédit photos: Documents SIEMENS et PHOTOWATT

    A suivre…

Voir aussi :

 

nov
12

Energie solaire: comment ça marche?

Il existe de multiples façons de convertir l’énergie solaire en chaleur ou en électricité. Voici quelques brèves explications.

Pour commencer, on distingue l’utilisation active de l’énergie solaire, qui aboutit à la production d’électricité ou de chaleur, de son utilisation passive, qui vise à maximiser la quantité d’énergie reçue et emmagasinée par les bâtiments. Je consacre l’article d’aujourd’hui à l’utilisation active de l’énergie solaire et vous parlerai demain de son utilisation passive.

Les 3 principales utilisations actives de l’énergie solaire sont les suivantes:

foursolaireOdeillo.jpgFour solaire: Un four solaire est constitué de centaines de miroirs orientés vers un récepteur central. La température du récepteur central, vers lequel sont réfléchis les rayons du soleil, monte à plus de 600°C. Un courant d’huile synthétique collecte cette chaleur et la convertit en vapeur. La vapeur fait tourner des turbines reliées à un générateur, produisant ainsi de l’électricité. Les fours solaires les plus grands peuvent produire plus de 10MV, contribuant de manière importante à la production d’électricité nationale. (Ci-contre: le four solaire d’Odeillo dans les Pyrénées Orientales)

La centrale portugaise de Moura, qui doit être mise en service en 2009, devrait même produire 62 MW!

maisonphotovoltaique.jpgEnergie photovoltaïque: Elle est utilisée dans l’aérospatiale pour allonger la durée de vie des satellites, et s’est répandue dans de nombreuses applications, allant des calculatrices aux centrales solaires puissantes. Elle repose sur l’effet photoélectrique, qui génère de l’électricité directement de l’énergie solaire (sans passer par la chaleur comme véhicule d’énergie).

Les cellules photovoltaïques, qui opèrent cette transformation des rayons du soleil en électricité, sont en général composées de cristaux de silicium. Le silicium est le deuxième élément le plus abondant de la croûte terrestre après l’oxygène! L’inconvénient de ces cellules sont leur coût… Cependant, le prix des cellules solaires est 1000 fois inférieur à celui des années 50. Et il continue de chuter grâce aux avancées techniques.

Pour en savoir plus sur le photovoltaïque cliquez ici.

chauffagesolaire.jpgChauffage de l’eau: Il s’agit actuellement d’un des premiers débouchés de l’énergie solaire. Comment ça marche? C’est simple: un panneau solaire chauffe-eau est constitué de plaques de métal sombres qui absorbent les rayons du soleil. Cette chaleur est transférée vers un réseau de conduits d’eau placés contre la surface de la plaque, ou à l’intérieur même de celle-ci. Une pompe à contrôle thermostatique régule le débit d’eau. Le thermostat permet un chauffage uniforme de l’eau jusqu’à une températire de 82°C.
Cette chaleur est ensuite transférée vers le ballon d’eau chaude de la maison. Ce type d’installation peut être associé au chauffage conventionnel, ce qui permet de réduire la facture d’électricité, même dans les climats peu ensoleillés. Dans un lieu ensoleillé, par exemple en Floride, il suffit de 4m2 de panneaux solaires chauffe-eau pour répondre aux besoins des occupants d’une maison typique!

Pour en savoir plus sur le chauffage solaire, cliquez ici. 

 

A demain pour en savoir plus sur l’énergie solaire passive et les fameuses "maisons passives"!

oct
23

Le potentiel du photovoltaïque est gigantesque

Voici un article sur le photovoltaïque que j’ai trouvé très intéressant. Il traite le sujet sous un angle financier, qu’il faut bien avoir en tête.

Par Isabelle Mouilleseaux , Source : La Chronique Agora

Il y a une très belle introduction en bourse prévue en Allemagne dans les prochains jours : Centrotherm Photovoltaics AG. Je vais vous en dire un mot, c’est promis. Mais pour bien comprendre le potentiel et les enjeux du solaire, quelques explications s’imposent en amont…

Brut et gaz vont manquer et les prix s’envoleront
C’est une chose dont il faut être convaincu si vous voulez vous intéresser au solaire. La demande de pétrole et de gaz va exploser dans les prochaines années avec la croissance chinoise et indienne. Or pour l’instant la production de pétrole arrive tout juste à satisfaire la demande — le marché est franchement très tendu. Alors qu’en sera-t-il dans quelques années quand la demande explosera ?

Le déséquilibre offre/demande ira croissant et les prix s’envoleront. Une lapalissade… tout le monde est d’accord sur ce point.

Autre léger souci auquel nous serons bientôt confrontés : la pénurie ! Eh oui, les réserves de brut et gaz ne sont pas infinies… C’est toute la théorie du Peak Oil. L’offre ira en se raréfiant au moment où la demande s’amplifiera.

Le charbon va finir par nous étouffer
Voici le second élément dont il faut être convaincu : le réchauffement climatique est une réalité urgente. Sa cause principale ? Les émissions de CO2.

L’origine de ce CO2 ?  L’utilisation des énergies fossiles — brut et charbon en tête. En clair, il va falloir mettre le holà si nous ne voulons pas faire perdre la tête à notre bonne vieille Terre, et griller comme des sardines au soleil !…

Sachant que 70% de l’électricité chinoise vient du charbon, il y a du travail ! Plus étonnant : 50% de l’électricité américaine est issue du charbon, 80% pour l’Australie ! Vous comprenez pourquoi ces pays ne ratifient pas Kyoto…

Vous êtes d’accord avec moi sur ces deux premiers points ? Oui ? Alors la suite vous intéresse fortement…

Le potentiel des énergies alternatives est gigantesque
Eh oui ! Il va falloir trouver des solutions de rechange. A la fois propres et substituables. Actuellement l’électricité mondiale a pour origine :
- le charbon à hauteur de 40%
- le gaz : 19%
- le nucléaire : 17%
- les énergies renouvelables : 18%
- le brut : 7%

Je suis prête à parier avec vous que nous allons assister dans les décennies à venir à l’explosion de la part du nucléaire et du renouvelable dans le mix électricité — au grand détriment du charbon noir.

Quant au poste énergies renouvelables, c’est pour l’instant l’énergie hydraulique qui se taille la part du lion. Mais cette énergie a atteint son seuil de saturation dans la plupart des pays occidentaux. Il y en a d’autres : la biomasse, le solaire, l’éolien, la géothermie…

Et  le premier à sortir du lot sera à mon humble avis le solaire, suivi par la géothermie (mais ça, c’est un autre vaste sujet…). D’ici la fin du siècle, l’électricité d’origine solaire pourrait bien être la première source d’énergie de la planète…

Parlons du solaire, plus précisément du photovoltaïque
L’énergie solaire photovoltaïque produit directement de l’électricité en captant les rayons solaires grâce à des cellules photovoltaïques. Quelques chiffres pour situer les choses :

Le taux de croissance des ventes de solaire photovoltaïque est de +40% par an depuis dix ans. Pas mal !

Quant à la taille du marché, elle est actuellement de six milliards d’euros. Il y a de quoi faire…

Si je vous dis maintenant que ce marché va passer de six  à 60 milliards d’euros en une décennie… voilà qui va attiser les convoitises.

Je vous le disais il y a un instant : le photovoltaïque va frapper fort et rapidement — et je vous expliquerai pourquoi dès demain.